Le manager général Iwan Spekenbrink sort du silence sur la culture de la peur chez Picnic PostNL : « Une image trompeuse »

Picnic PostNL – Hoebele, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Trois semaines après les révélations de la NOS et d’In De Waaier, Iwan Spekenbrink prend enfin la parole. Dans un entretien accordé au Telegraaf, le manager général de Picnic PostNL juge « trompeuse » l’image d’une équipe minée par une culture de la peur. Il annonce une enquête interne, sans pour autant remettre en cause la méthode maison.

Mi-octobre, l’enquête menée par NOS Sport et In De Waaier avait secoué l’équipe néerlandaise. Elle s’appuyait sur des entretiens confidentiels avec 71 personnes, passées ou présentes dans la structure, et évoquait une situation de travail dangereuse, voire une forme de « tyrannie ». L’ancien coureur Martijn Tusveld et l’entraîneur Adriaan Helmantel avaient témoigné à visage découvert. À l’époque, Iwan Spekenbrink n’avait pas voulu répondre.

Aujourd’hui, il conteste frontalement la conclusion. « Cette ‘culture de la peur’, sur laquelle tout le récit est construit, est à mes yeux trompeuse », affirme-t-il. Il s’appuie sur les révélations de Marcel Kittel, Tom Veelers et Kirsten Wild : « Ils sont critiques et c’est leur droit, mais aucun des trois ne confirme l’image qui est dépeinte. Oui, certaines sources l’ont exprimé et je le regrette, car on veut toujours un environnement de travail sûr pour tout le monde. Mais c’est une histoire à sens unique qui a été racontée. » Sur les témoignages précis des anciens coureurs et membres du staff, en revanche, il ne s’étend pas. « Il y a un groupe qui l’a vécu autrement. Mais chez nous, le travail d’équipe passe avant tout. »


« Huit questions » et une enquête interne

Le manager explique aussi pourquoi l’équipe n’a pas réagi avant la publication. « Ils nous ont seulement envoyé huit questions, avec deux jours pour répondre. Autrement dit, un angle qui garantissait d’avance que leur histoire tiendrait. Nous n’y avons pas donné suite. » Il aurait souhaité que les salariés actuels soient eux aussi entendus. « Quand on se promène dans le paddock, on voit toujours chez nous beaucoup de plaisir et de camaraderie. »

Une enquête interne a toutefois été lancée, et ses conclusions prendront du temps. « Nous ne fuyons pas nos erreurs, tout le monde en fait, partout. Quand on lit que des gens ont vraiment été touchés, il faut être honnête, parce que ce n’est pas agréable. Nous ne voulons pas que des employés partent avec un goût amer. »

Pas de changement de cap

La leçon qu’il en tire porte surtout sur les attentes de départ. Selon lui, l’approche collective de l’équipe se heurte parfois à des coureurs habitués à fonctionner seuls, à l’image de nouvelles recrues qui veulent garder leur propre entraîneur, préparateur physique ou diététicien. « Visiblement, nous n’avons pas toujours expliqué assez clairement notre façon de faire dès le début. Nous devrons mieux dire comment nous voyons la collaboration, et parfois dire plus tôt que ça ne colle pas. »

Pour le reste, rien ne bouge. « Nous croyons toujours en notre façon de travailler ensemble. Le travail d’équipe est notre base, avec le respect les uns envers les autres. » Une position qui rejoint celle de Warren Barguil, l’un des coureurs à avoir publiquement défendu l’encadrement, alors que les avis restent partagés au sein du groupe.

Iwan Spekenbrink se dit confiant pour la licence WorldTour 2027, tout en reconnaissant que les publications ont durement touché la structure, jusqu’aux salariés inquiets pour leur emploi. « C’est une période difficile, mais nous allons en sortir plus forts. »

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