Ellen van Dijk sur Picnic PostNL : « Je n’étais pas d’accord avec leur façon de travailler »

Ellen van Dijk ajoute sa voix au débat qui secoue Picnic PostNL. Passée par l’équipe en 2017 et 2018, quand elle s’appelait encore Sunweb, la Néerlandaise critique la méthode de l’encadrement, qui a pesé dans son départ. Mais elle assure n’avoir jamais ressenti la culture de la peur décrite dans l’enquête de la NOS.

Le sujet ne retombe pas aux Pays-Bas. Mi-octobre, NOS Sport et In De Waaier ont publié une enquête basée sur les témoignages de 71 coureurs et membres du staff, actuels ou passés, qui évoquait une culture de la peur et même une forme de « tyrannie ». Depuis, les réactions s’enchaînent, entre soutiens et critiques. Celle d’Ellen van Dijk, confiée à Cyclingnews, se situe entre les deux.

« Ils ont un avis très arrêté sur la manière de travailler avec les coureurs, et ils croient vraiment en leur approche. Pour eux, c’est la seule qui fonctionne », explique la triple championne du monde du contre-la-montre. Avant de nuancer aussitôt : « On a beaucoup écrit sur une culture de l’angoisse, et je ne l’ai jamais vécue comme ça. La direction voulait qu’on l’écoute, mais je n’ai jamais eu peur d’elle. Si je voulais dire quelque chose, je le disais. Mais peut-être que quand on est une coureuse plus jeune, on peut le ressentir. »


« Nous n’étions pas faits l’un pour l’autre »

Ses 2 saisons chez Sunweb ont pourtant été fructueuses, avec 10 victoires. Mais la relation avec l’encadrement s’est usée. « J’ai eu pas mal de discussions avec la direction. Ils ont une façon de travailler particulière, qui ne correspondait pas toujours à la mienne. Je savais un peu en signant qu’ils étaient comme ça, mais c’était un peu plus que ce que j’imaginais et, oui, nous n’étions pas faits l’un pour l’autre. »

Elle replace aussi les choses dans le contexte du haut niveau. « Il arrive que, dans les moments de plus forte intensité et de plus grande émotion, des gens disent des choses qui ne sont pas correctes. Ensuite, ça dépend de ta sensibilité à ce moment-là. Parfois ça fait vraiment mal, parfois tu t’en fiches. Mais c’est clairement un sujet compliqué. »

Plus difficile pour les jeunes

Ellen van Dijk avait 29 ans à son arrivée, avec déjà un titre mondial, un Tour des Flandres et le général du Boels Ladies Tour à son palmarès. Un statut qui l’a sans doute protégée, reconnaît-elle, dans une équipe connue pour miser sur la jeunesse : les 17 coureuses de l’effectif féminin 2026 avaient en moyenne 23 ans. « Je pense qu’ils étaient très bons pour faire progresser les jeunes et les accompagner. Je n’étais pas d’accord avec leur façon de travailler, c’est pour ça que je suis partie, et j’avais peut-être une position plus facile parce que ma place était déjà faite. C’est bien plus simple que quand tu es jeune et que tu te bats encore pour exister. »

Selon elle, les succès de l’époque, dont les 2 titres mondiaux du contre-la-montre par équipes en 2017, n’ont fait que conforter la direction dans ses choix. « D’après ce que j’ai entendu après cette année-là, c’est devenu encore plus strict, parce qu’ils se sont mis à y croire encore davantage. »

Retraitée depuis la fin de la saison 2025, Ellen van Dijk est aujourd’hui entraîneuse chez Lidl-Trek. De son côté, l’équipe a confié à un avocat néerlandais spécialisé dans le droit du sport la direction d’une commission indépendante, tandis qu’Iwan Spekenbrink vient de sortir du silence pour contester l’image renvoyée par l’enquête.

Le manager général Iwan Spekenbrink sort du silence sur la culture de la peur chez Picnic PostNL : « Une image trompeuse »