Tom Pidcock bluffe Porsche sur le Nürburgring : « Il y a des gens qui roulent ici tous les jours et qui vont moins vite »

Tom Pidcock a encore trouvé un terrain pour impressionner. Au volant d’une Porsche 911 GT3 RS sur la Nordschleife du Nürburgring, le coureur de Pinarello-Q36.5 a signé un chrono qui a bluffé le constructeur allemand et l’ancien pilote d’usine Jörg Bergmeister.

On savait le Britannique à l’aise avec tout ce qui roule, et il le confirme loin des pelotons. Porsche a raconté son passage dans un communiqué : au volant d’une 911 GT3 RS (génération 992.1) équipée du kit Manthey, Tom Pidcock a bouclé le tour de la Nordschleife en 6’52″37, en version « Bridge-to-Gantry ». Le constructeur précise que parler de simple hobby serait réducteur au vu de ce temps réalisé cette année.

Avant de prendre la piste, le coureur de 27 ans a visité le paddock et y a trouvé des points communs avec son quotidien. « L’organisation de l’équipe de course et l’endroit où sont rangées toutes les pièces ressemblent beaucoup à la façon dont nous avons aménagé notre service course dans l’équipe cycliste. Le stockage des pièces, les listes de colisage, c’est un monde comparable », a-t-il expliqué.


« Il n’a absolument aucune peur »

Pidcock a ensuite roulé aux côtés de Jörg Bergmeister, ancien pilote d’usine Porsche devenu ambassadeur de la marque et habitué des grandes classiques d’endurance comme les 24 Heures du Mans, de Daytona et du Nürburgring. L’Allemand n’a pas caché son admiration : « Je connais quelques coureurs cyclistes professionnels ou anciens professionnels, et la trajectoire idéale et la fluidité nécessaires pour un tour rapide leur viennent très naturellement. Tom monte dans la voiture et sait exactement ce qu’il fait. Il a un super feeling avec la voiture, et absolument aucune peur ! »

Bergmeister est allé encore plus loin : « Pour quelqu’un qui ne roule pas régulièrement ici, le rythme de Tom est vraiment bluffant. Il y a des gens qui sont sur le Ring tous les jours et qui vont moins vite. » Avant de faire le lien avec le vélo : « Il y a sans doute une bonne raison pour laquelle il est si génial dans les descentes. »

Le plaisir sans la pression

Pour Pidcock, le pilotage prolonge sa recherche permanente d’amélioration, mais sans le poids de la compétition. « Ici, il n’y a pas de pression, je peux aussi profiter du fait de ne pas devoir aller jusqu’à la limite absolue. Quand je cours, il y a toujours énormément de pression. Sur le circuit, c’est agréable de pouvoir simplement me mesurer à moi-même », a-t-il confié.

Une parenthèse bienvenue après une saison qu’il a terminée au Tour of Guangxi, aux côtés de son frère Joey, qui a décidé de mettre un terme à sa carrière.

Les coureurs et la vitesse, une vieille histoire

Ce goût pour le volant n’a rien d’exceptionnel dans le peloton. Tom Boonen en est l’exemple le plus parlant : après son dernier Paris-Roubaix en avril 2017, le Belge s’est lancé en sport automobile. Il a notamment couru en Porsche Carrera Cup Benelux, avec plusieurs victoires en catégorie Pro-Am et une 3e place finale au championnat. En 2021, il s’est aussi imposé sur le circuit d’Hockenheim au volant d’une Norma de l’écurie Deldiche Racing. Il a ensuite découvert le rallye aux Legend Boucles de Bastogne en 2023, et il ne cache pas que son grand rêve serait de disputer les 24 Heures du Mans.

Mathieu van der Poel partage cette passion, même s’il se contente pour l’instant de la route. En 2023, Lamborghini l’a choisi comme ambassadeur, avec à la clé une voiture prêtée pendant 1 an et une plaque personnalisée « 1-MVDP-1 ». Le Néerlandais semble avoir un faible pour 2 marques en particulier, Porsche et Lamborghini. Avec son chrono sur la Nordschleife, Tom Pidcock montre qu’il a, lui aussi, de quoi tenir la comparaison.