
Tadej Pogacar ne s’était pas fracturé une, mais trois vertèbres lors de sa chute sur la Vuelta. Le Slovène l’a révélé ce samedi dans un entretien accordé à The Athletic, en revenant aussi sur des premières semaines de convalescence très difficiles.
Le 29 août, lors de la 8e étape du Tour d’Espagne, Tadej Pogacar avait lourdement chuté et dû abandonner. Le bilan annoncé à l’époque faisait état d’une commotion cérébrale, d’une fracture de la clavicule gauche et d’une fracture au niveau du cou. La réalité était plus grave encore. C’est en passant un nouveau scanner en Slovénie, il y a deux semaines, que le quintuple vainqueur du Tour de France l’a appris.
« Je savais que j’avais une fracture à la vertèbre C7, mais on a découvert que j’avais deux autres vertèbres cassées : la T1 et la T2 », explique-t-il. Soit les deux premières vertèbres thoraciques, situées juste sous les cervicales. « Quand j’ai vu que j’avais trois vertèbres fracturées, j’étais simplement heureux d’être en vie, ou même de pouvoir tenir debout. »
Avec le recul, il se félicite de ne pas avoir disputé les Championnats d’Europe, son objectif initial. La course en ligne se tenait le 4 octobre à une dizaine de kilomètres de chez ses parents, sur des routes qu’il connaissait par cœur. Mais une radiographie avait montré que la consolidation osseuse avait peu progressé en trois semaines, et son équipe s’était montrée réticente.
« J’étais simplement déprimé »
La commotion a laissé des traces : nausées, vertiges et problèmes de coordination. Pogacar raconte qu’au lendemain de son retour à la maison, une simple marche de dix minutes jusqu’à un glacier l’avait épuisé, au point de devoir s’asseoir et de rentrer chez lui presque en courant, mal à l’aise à l’extérieur.
Le moral a suivi. Les deux premières semaines, le Slovène dit avoir été au plus bas, et pas facile à vivre pour sa compagne, la coureuse Urška Žigart. « J’étais simplement déprimé. En fait, je ne ressentais plus rien. »
Un programme 2027 encore ouvert
Le déclic est venu avec la reprise sur home trainer et les séances quotidiennes de kinésithérapie. Aujourd’hui, Pogacar assure ne plus ressentir de douleur. « Je dois juste faire attention à ne pas retomber à vélo, à ne pas porter de charges lourdes avec mon bras gauche et à ne pas trop solliciter mon cou. Mais je peux pratiquement tout faire normalement. » Installé à Monaco, il alterne footings et natation pour entretenir son foncier.
Reste à fixer son programme 2027. Le Slovène a récemment cité le Tour de France, les Mondiaux et la Vuelta comme objectifs, mais rien n’est arrêté. « L’équipe m’a soumis trois programmes différents, mais c’est une décision importante », a-t-il expliqué cette semaine lors d’une sortie organisée par son sponsor MyWhoosh. Le choix définitif devrait être fait en décembre, pendant un stage d’entraînement.
Quelques pistes se dessinent déjà. « Il y a de fortes chances que je revienne sur les classiques de printemps, sur l’UAE Tour et bien sûr sur le Tour de France. » Absent de la dernière édition, il pourrait donc retrouver du 15 au 21 février la course à domicile de son équipe, qu’il a déjà remportée à 3 reprises. Les organisateurs du Tour Down Under (19-24 janvier) espèrent aussi l’accueillir, lui qui n’y a couru qu’une fois, en 2019, pour sa première saison chez les pros.
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