
Privée de Giro en 2027, l’équipe Bardiani CSF envisage sérieusement de disparaître. Son manager historique, Bruno Reverberi, ne cache plus son amertume et prépare déjà la sortie : « Le cyclisme n’a pas d’avenir », a-t-il lâché dans le podcast italien TriCiclo.
La formation italienne, qui court cette saison sous le nom de Bardiani CSF 7 Saber, sera bien encore au départ des courses l’an prochain. Mais pour la suite, l’horizon s’assombrit nettement. En cause : la 31e place obtenue au classement UCI par équipes en fin de saison, une seule place trop loin pour espérer une invitation au Tour d’Italie.
Depuis une règle mise en place par l’UCI il y a deux ans, une équipe doit figurer parmi les 30 meilleures du classement de fin d’année pour pouvoir prétendre à une wildcard sur un Grand Tour la saison suivante. Bardiani a tout tenté pour rentrer dans ce top 30, sans y parvenir. Pour une équipe qui vit en grande partie de la visibilité offerte par le Giro, le coup est rude.
« On n’ose même plus demander de l’argent à un sponsor »
Bruno Reverberi ne mâche pas ses mots. « Notre plan est d’arrêter », affirme-t-il. « Comment peut-on dépenser cinq millions d’euros sans avoir la certitude de pouvoir participer à certaines courses ? Il n’y a pas d’avenir, le cyclisme n’a pas d’avenir. »
Le dirigeant va plus loin : « Nous envisageons déjà de fermer les portes dans deux saisons. D’ailleurs, nous avons recruté quatre ou cinq nouveaux coureurs, mais nous ne leur avons fait signer que pour un an. On n’ose même plus aller frapper à la porte d’un sponsor pour demander de l’argent. Notre équipe est un projet tourné vers la formation des jeunes coureurs, et on est en train de l’étrangler. »
Une école de coureurs menacée
La perspective a de quoi faire mal au cyclisme italien. Depuis sa création en 1982, l’équipe n’a manqué qu’une seule édition du Giro. Elle a surtout servi de tremplin à de nombreux talents, qui y ont fait leurs débuts professionnels : Domenico Pozzovivo, Sonny Colbrelli, Gianluca Brambilla, Enrico Battaglin, Lorenzo Rota, Giulio Ciccone ou encore Giulio Pellizzari.
Bardiani s’est aussi bâti une réputation d’équipe offensive, toujours prête à animer les courses. Un état d’esprit que la chasse aux points UCI a fini par étouffer, selon son manager. « Notre manière de courir a toujours été de passer à l’attaque, mais aujourd’hui on n’y pense même plus », regrette Bruno Reverberi. « Ce qu’il faut faire maintenant, c’est sprinter pour la dixième place, pour ces fichus points UCI. »