
Greg LeMond n’y va pas par quatre chemins. Interrogé par Ouest-France, le triple vainqueur du Tour de France voit en Paul Seixas l’héritier de Bernard Hinault, le dernier Français à avoir remporté la Grande Boucle, en 1985. Selon l’Américain, le jeune coureur a tout pour s’imposer un jour sur les routes de juillet.
Pour appuyer son propos, LeMond n’a pas hésité à convoquer le nom de Tadej Pogacar. « Pogacar était bon à 19 ans, et Paul, au même âge, est aussi bon que lui », estime l’ancien champion. Puis vient la phrase qui risque de faire beaucoup parler en France : « Seixas est le prochain Hinault. (…) S’il garde la tête sur les épaules, il a le talent pour gagner le Tour. »
Venant de LeMond, la comparaison n’a rien d’anodin. À 65 ans, l’Américain connaît Hinault mieux que personne. Les deux hommes ont couru ensemble chez La Vie Claire et ont écrit l’un des chapitres les plus disputés de l’histoire du Tour. En 1985, LeMond avait aidé le Breton à décrocher son cinquième et dernier succès sur la Grande Boucle. L’année suivante, Hinault devait lui rendre la pareille, mais il n’avait cessé de mettre son coéquipier sous pression. LeMond avait finalement tenu bon pour s’offrir en 1986 la première de ses 3 victoires sur le Tour.
Le palmarès hors normes du « Blaireau »
Être comparé à Hinault, c’est être mis à côté d’un des plus grands. Le Breton compte 5 Tour de France, 3 Tours d’Italie, 2 Tours d’Espagne, un titre de champion du monde décroché en 1980 et une longue liste de classiques. Depuis 1985, aucun Français n’a gagné le Tour, et c’est peu dire que le public tricolore attend celui qui mettra fin à cette disette.
« Les jeunes talents, c’est différent »
LeMond s’est aussi exprimé sur la nouvelle génération, dont Paul Seixas fait partie. L’Américain dit avoir davantage confiance en ces coureurs précoces qu’en ceux qui ont percé sur le tard par le passé. « Il y a des années, je me posais des questions sur Lance Armstrong et compagnie. Il y avait toujours des doutes, sur les moteurs et toutes sortes d’autres choses. Mais les jeunes talents, c’est différent. Ces gars-là gagnent le Tour avec 10 minutes d’avance. Hinault était comme ça aussi. »
Des mots forts, qui ajoutent encore un peu de poids sur les épaules de Paul Seixas. Le Français sait désormais qu’un ancien Maillot Jaune parmi les plus respectés le voit un jour en haut de l’affiche à Paris.