
Valentina Cavallar a rompu le silence sur Instagram. Absente des pelotons depuis l’été, la coureuse autrichienne de SD Worx-Protime révèle avoir perdu sa mère en septembre, et avoir dû passer un contrôle antidopage chez elle quelques heures seulement après son décès. L’International Testing Agency (ITA) lui a depuis présenté ses excuses.
Plutôt discrète sur sa vie privée, Valentina Cavallar a choisi cette fois d’expliquer pourquoi sa saison s’est arrêtée net après le Tour de France. « Pour des raisons personnelles et familiales, j’ai dû mettre fin à ma saison de manière anticipée », écrit-elle, avant d’évoquer la disparition de sa maman, un deuil qui a « changé pour toujours [sa] façon de voir la vie ».
C’est un autre passage de son message qui interpelle. « Quelques heures seulement après le décès de ma maman, j’ai dû me soumettre à un contrôle antidopage à la maison, dans la pièce voisine de celle où elle reposait », raconte la coureuse de 25 ans.
« J’étais une fille qui venait de perdre sa maman »
Valentina Cavallar ne remet pas en cause la lutte antidopage. Elle dit comprendre l’importance d’un sport propre et avoir toujours respecté les obligations qui accompagnent le statut de professionnelle. « Mais à ce moment-là, je ne pensais évidemment pas au cyclisme, à la compétition ou à mes responsabilités d’athlète. J’étais une fille qui venait de perdre sa maman », poursuit-elle. Vivre ce contrôle dans de telles circonstances a été, selon elle, « profondément douloureux, profondément déplacé et irrespectueux envers [sa] famille ».
L’Autrichienne y voit le rappel qu’on oublie facilement l’humain derrière l’athlète, avec une vie, une famille et des émotions qui ne s’effacent pas quand les obligations du sport de haut niveau entrent en jeu. Sa conclusion tient en deux phrases : « Je crois au sport propre. Mais je crois aussi que l’humanité, la compassion et le respect ne devraient jamais être oubliés. »
L’ITA présente ses excuses
Son témoignage n’est pas resté sans réponse. Dans une déclaration transmise au site Domestique, l’International Testing Agency, l’organisme indépendant avec lequel l’UCI mène la lutte antidopage depuis 2021, a reconnu la peine causée. « Nous reconnaissons pleinement que le fait de subir un contrôle antidopage dans ces circonstances a engendré encore plus de chagrin au cours d’une période extrêmement douloureuse. Nous avons été en contact direct avec la coureuse et lui avons présenté nos excuses », explique l’agence, qui adresse aussi ses sincères condoléances à Valentina Cavallar et à sa famille.
L’ITA apporte toutefois sa version des faits. Selon elle, le contrôleur n’a appris le décès qu’en arrivant au domicile de la coureuse, en Autriche. L’agence assure que l’Autrichienne et ses proches ont pleinement coopéré et qu’aucune inquiétude, ni aucune demande de report ou d’interruption du contrôle, n’a été exprimée sur le moment comme par la suite. Le test aurait été réalisé « de la manière la plus discrète, respectueuse et rapide possible », avec le soutien de la coureuse et de sa famille.
L’organisme promet enfin de continuer à encourager les athlètes à signaler leurs éventuelles inquiétudes, pendant ou après un contrôle, « afin de pouvoir prendre les mesures appropriées ». Le but affiché : préserver l’équilibre entre la lutte contre le dopage et le droit de chaque athlète à sa vie privée et à son bien-être.
Un parcours atypique
Née à Vienne en 2001, Valentina Cavallar est arrivée tard dans le vélo. Ancienne rameuse, elle s’est tournée vers le cyclisme en 2023, avant de passer professionnelle chez Arkéa – B&B Hotels en 2024. Dès sa première saison, elle s’était fait remarquer en portant le maillot de meilleure grimpeuse sur le Tour du Pays basque Dames. Elle a rejoint SD Worx – Protime cette année. Elle n’a pas évoqué la date de son retour à la compétition.