
Taco van der Hoorn ne sait toujours pas où il courra l’an prochain, ni même s’il sera encore professionnel. En fin de contrat chez Lotto – Intermarché, le Néerlandais de 32 ans estime ses chances de poursuivre sa carrière à une sur deux, après une saison minée par les blessures.
Le baroudeur a fait le point sur sa situation auprès de WielerFlits, sans chercher à enjoliver les choses. « Pour le moment, je n’ai en fait encore aucune idée de ce que je vais faire l’an prochain, explique le coureur né à Rotterdam. Il existe encore une possibilité que je reste dans mon équipe actuelle, mais il se peut aussi que je doive partir. Il y a également des contacts avec d’autres équipes, mais c’est encore loin d’être concret. » Et de résumer : « Je pense que c’est vraiment du 50-50. »
Taco van der Hoorn sait que le temps presse et que la concurrence est rude, avec beaucoup de bons coureurs encore libres sur le marché. « J’aimerais vraiment continuer, car je prends toujours énormément de plaisir à m’entraîner, à faire des courses et à vivre la vie de pro. Le plus difficile, c’est que tout ne dépend pas entièrement de moi. »
Des pépins en série
Le vainqueur d’une étape du Giro en 2021 avait déjà été longtemps arrêté par une commotion cérébrale il y a deux ans. Cette fois, les problèmes se sont enchaînés. « La différence avec cette période, c’est qu’il s’agissait alors d’un seul gros problème. Maintenant, c’est à chaque fois autre chose. » Après un hiver marqué par la maladie, il a été opéré du genou en février, avant que son autre genou ne souffre de surcharge pendant la rééducation.
L’été semblait enfin annoncer un retour à son meilleur niveau. « En Pologne, j’étais vraiment de nouveau bien. J’étais dans les échappées et je sentais que je retrouvais mon ancien niveau », raconte-t-il. Une nouvelle chute est venue tout gâcher, avec à la clé une fracture de la main et du coude. Il s’est malgré tout remobilisé pour la fin de saison, avec un stage en altitude en Andorre. « Je voulais montrer que je suis encore assez bon. »
Prêt à changer de rôle
Connu pour ses offensives, Taco van der Hoorn se dit tout à fait prêt à travailler pour un sprinteur en roulant des heures en tête de peloton, à la manière de Silvan Dillier pour Mathieu van der Poel. « Après 10 ans chez les pros, je sais très bien ce que je peux faire ou non. En montée, je suis limité, mais sur le plat, je pense être vraiment très fort. » Diplômé en sciences du mouvement et désormais étudiant en psychologie à l’université, il aime aussi partager son expérience avec les plus jeunes.
S’il ne trouve pas d’équipe sur la route, le gravel fait partie des options. « Il n’y a pas encore de plans concrets, mais c’est quelque chose qui me tente », assure-t-il. Il évoque aussi une possible reconversion comme entraîneur, ou une année consacrée à ses études. Mais sa priorité reste claire : « Je veux vraiment continuer à courir. »