Mondiaux : le décalage horaire sera-t-il fatal à Van Aert et Van der Poel ?

Les têtes d’affiche du peloton ont pris la direction du Canada pour les Championnats du monde 2026 organisés à Montréal. Mais ce voyage tardif soulève une véritable interrogation : Wout van Aert et Mathieu van der Poel auront-ils le temps d’encaisser le décalage horaire avant de livrer bataille pour le maillot arc-en-ciel ?

C’est en tout cas la grande crainte de l’ancien coureur professionnel Jan Bakelants. Alors que les deux stars n’ont pris l’avion que ce mardi pour traverser l’Atlantique, Bakelants redoute les effets physiologiques du vol et du fuseau horaire sur leurs organismes, à seulement quelques jours de l’épreuve reine. « Cela a sans aucun doute un impact, a prévenu l’ancien maillot jaune du Tour de France. Ce n’est pas idéal pour fournir des efforts intenses. »

Le médecin se veut rassurant

Ce calendrier de voyage serré s’explique par la préparation spécifique choisie par les deux hommes. Wout van Aert sort tout juste d’un important bloc d’entraînement qui a succédé à son solide Tour d’Espagne. De son côté, le champion du monde en titre Mathieu van der Poel était encore engagé la semaine dernière sur le Tour de Luxembourg, où il s’est d’ailleurs illustré en remportant deux étapes.

Toutefois, la panique n’est absolument pas de mise au sein de la sélection belge. Le médecin de l’équipe nationale, le docteur Van der Mieren, s’est voulu particulièrement rassurant. Il a révélé que cette situation logistique avait été anticipée depuis plusieurs mois en concertation avec les entraîneurs respectifs des coureurs. Ces derniers ont en effet déjà commencé à décaler progressivement leurs heures de sommeil et leurs horaires de repas pour s’adapter en douceur à l’heure canadienne.

Le médecin estime également que les cinq jours passés sur place avant la course seront largement suffisants pour récupérer :

« S’il existe une règle empirique bien connue fixant le temps d’adaptation à un jour par heure de décalage, celle-ci s’applique avant tout au commun des mortels. » Dans un entretien accordé au quotidien Het Nieuwsblad, le médecin de Belgian Cycling a tenu à clarifier les choses : « Toutes les études montrent que les athlètes de haut niveau récupèrent beaucoup plus vite du décalage horaire. Dans ce cas, il ne s’agit pas d’un jour par heure, mais plutôt d’un jour toutes les une heure et demie ou deux heures. »


Le confort avant les gadgets

D’ailleurs, le médecin de la fédération (Belgian Cycling) insiste sur l’importance de ces ajustements naturels plutôt que sur des solutions plus technologiques. Il avoue ne pas trouver une grande utilité aux fameuses lunettes anti-jetlag, pourtant à la mode. « Appliquez d’abord les règles de base, » recommande-t-il simplement, privilégiant un rythme de vie strict.

Enfin, pour mettre toutes les chances de leur côté et minimiser la fatigue musculaire, les deux éternels rivaux ont fait le choix de voyager en classe affaires. Une petite précision financière s’impose : la fédération belge ne fournissant que des billets en classe économique par défaut, Wout van Aert a pris soin de financer lui-même son propre surclassement. Un investissement personnel qu’il espère certainement rentabiliser dimanche sur le redoutable circuit de Montréal.

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