Julian Alaphilippe : « Une émotion que je n’oublierai jamais »

Réaction de Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step), vainqueur de Milan-San Remo 2019 :

C’est encore difficile de décrire ce que je ressens. C’est une immense fierté. Mon équipe a été impressionnante toute la journée, j’ai encore du mal à trouver les mots pour décrire cette journée. J’étais tellement concentré dans le final sur ce que je devais faire. L’équipe avait entièrement confiance en moi, on a durci le final. Je n’avais pas le droit à l’erreur, ils m’ont fait confiance et je suis content de ne pas les avoir déçu. Aujourd’hui, je voulais bien faire, je ne voulais pas me louper. Je suis fier de l’équipe, je suis fier de moi. Une très grande victoire.

Dans le Poggio, quand j’ai entendu qu’Elia (Viviani) était un peu distancé, j’ai dit à Philippe (Gilbert) et à Zdeněk (Štybar) de durcir le plus possible. J’ai fait un effort très violent pour faire la sélection. A la bascule du Poggio, j’ai vu que j’étais qu’avec des coureurs solides. Je savais que ça allait être un peu compliqué pour le sprint donc il fallait vraiment que je cours intelligemment, que je fasse le moins d’erreurs possibles, que je ne fasse pas d’erreurs en fait. (Matteo) Trentin était le plus rapide, une fois qu’on l’a rattrapé, j’ai vu (Matej) Mohorič qui voulait contrer à 600 mètres, je me suis dit « S’il part maintenant il va gagner » donc j’y suis allé. Le fait d’être confiant comme ça, d’être aussi fort dans la tête, de garder mon calme, ça m’a aidé à gagner des courses. Mais gagner aujourd’hui, je n’ai pas de mots.

J’avais dit à l’équipe au briefing que je voulais commencer le Poggio dans le Top 5, pas 6, pas 7, pas 9. C’est ce qu’on a fait. A partir de ce moment là, ça nous a permis d’avoir quelques secondes de récupération dans les premiers virages. J’ai appris de ça de mes deux derniers Milan-San Remo. Le Poggio est très très important, surtout le placement. On a fait les choses bien, j’avais les jambes, l’équipe, la tête, j’avais tout, je suis content.

La pression, je la ressentais depuis plusieurs jours. J’avais même pas terminé Tirreno-Adriatico qu’on me parlait déjà de Milan-San Remo. Oui j’ai déjà fait un podium (en 2017), oui je suis en très grande forme mais ce n’est jamais évident d’être l’ultra favori d’une course et encore plus sur un monument. J’ai répondu de la meilleure des manières. Je suis heureux, je suis surpris, je n’en reviens même pas. C’est la récompense de tout ce que j’ai mis en place pour arriver à le faire. Et quand tu arrives à le faire, c’est que du bonheur. Quand j’ai vu les larmes de mes coéquipiers après la ligne, je vous jure c’est une émotion que je n’oublierai jamais.

Je vais maintenant penser à récupérer, j’ai beaucoup enchaîné depuis l’Argentine (Tour de San Juan), depuis le début de saison. Je suis monté crescendo mais j’ai commencé déjà très fort d’entrée de jeu la saison. Arriver là, sur mon dernier objectif qu’était Milan-San Remo… Je suis super content que ce soit passé comme ça. Maintenant je rentre chez moi demain, je vais récupérer un petit peu. Je vais reprendre la compétition sur le Tour du Pays basque en vue des classiques ardennaises. Pour être honnête, ça sera que du bonus, j’ai réalisé le plus beau début de saison de ma carrière. Forcément, je n’ai pas envie de m’arrêter là et j’ai encore plein de belles choses à faire cette année, mais là c’est l’heure de récupérer un peu.

Ce soir je vais manger avec un coéquipier à Monaco et j’ai croisé Peter Sagan qui m’a dit qu’il fallait que je paye l’apéritif. Donc j’espère que l’addition ne sera pas trop salée.

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