Elections : les plus belles courses de l’année #3

Article rédigé par Johann Peyrot du blog Impressions Cyclistes

La saison 2013 est terminée. Il est maintenant temps de faire un bilan et de revenir sur les plus beaux moments de l’année. Nous avons élu les arrivées les plus sensationnelles de la saison.

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Sprint de l’année : les Champs-Elysées

S’il faut dégager un sprint dans toute la saison, sans doute en trouvera-t-on de plus spectaculaires, de plus héroïques, de plus surprenants. Mais le Tour de France sacre généralement le plus grand sprinteur de l’année. Il faut bien avouer que sur la Grande Boucle, Marcel Kittel a dominé les débats. Mais ce sprint des Champs illustre bien un fait formidable : nous disposons actuellement dans le peloton de trois incroyables sprinteurs. Et en prime, Cavendish est sans doute le meilleur sprinteur de tous les temps. Que faut-il demander de plus ? Voir ces trois monstres – Greipel, Kittel et Cavendish – côte-à-côte, bataillant sur une unique ligne pour une victoire si prestigieuse, baignant dans une lumière déclinante relayée déjà par les éclairages de la nuit parisienne, est une image d’une force incomparable.

Contre-la-montre de l’année : Gabicce Mare – Saltara (Giro, 8ème étape)

Celui pour lequel Bradley Wiggins avait choisi de disputer le Giro et celui qui acheva son échec. C’était là qu’il devait reprendre du temps à tout le monde en profitant de ses longues portions rectilignes. Un chrono qu’on attendait déprimant. Pourtant il fut magnifiquement tracé, difficile et hyper sinueux dans sa première partie, nous permettant de profiter de la virtuosité de Nibali et d’Evans, très roulant dans sa seconde partie, pour permettre aux vrais spécialistes de l’effort individuel de reprendre du temps, et s’achevant au sommet d’une courte mais éprouvante ascension, qui brisait les muscles habitués depuis un moment aux braquets extrêmes.

Les grimpeurs eux-mêmes purent y limiter la casse sans pour autant éviter la domination des spécialistes. Dowsett s’y imposa comme un des nouveaux rouleurs référence du peloton. Nibali y posa les premières bases de sa victoire. Wiggins quand à lui retardé par une crevaison, peu à l’aise dans les courbes, effectua une seconde partie rapide et un final canon, venant mourir à quelques secondes d’Alex Dowsett. Pas assez rapide cependant pour reprendre le maillot rose à Nibali avant la montagne. Du suspense, de la dramaturgie, de la technicité : que demander de plus ?

Ascension de l’année : l’Angliru

S’il faut reconnaître une unique qualité à la Vuelta 2013, ce serait son suspens. C’est dans l’Angliru qu’il fut le plus fort, à la fois par le duel décisif entre Nibali et Horner, mais aussi par l’incertitude quand à la capacité de Kenny Elissonde à résister à ses poursuivants. Nibali avait envoyé des coéquipiers à l’avant. Naturellement on le voyait déjà faire la descente. Mais le Sicilien attendit sans qu’on sache trop pourquoi l’ascension finale pour assaillir Horner sans relâche. Et on doit l’avouer, on crût un moment à la possibilité de voir Horner lâché. L’Américain semblait peiner à revenir. Puis il passa devant, accéléra un peu et Nibali craqua à la suite de ses attaques.

A l’avant également, le chauvinisme jubilait en voyant Elissonde et son poids plume gravir avec brio les pentes ardues de l’ascension espagnole. Au final la réalisation bancale du Tour d’Espagne fut facteur de suspense et d’émotion. L’écart était inconnu, et la moto perdant un temps Elissonde pour se concentrer sur l’arrière, on ne sut pas vraiment ce qui se passait, ni où il en était. Le voir émerger du brouillard sur la ligne d’arrivée provoqua une grande satisfaction. Tout cela enrobé dans l’habitude de l’Angliru, c’est-à-dire ses rampes immondes à 23% qui donnent il est vrai de belles images.

Bosse de l’année : le Mur de Huy

Un des rares exemples où le problème de la course de côte ne se pose pas. C’est presque une réclamation. Et il faut bien avouer qu’après une année 2012 assez fade, l’édition 2013 fut somptueuse. Les remerciement doivent aller à Carlos Betancur. Son attaque tranchante dès le pied de l’ascension bouleversa les scénarios prévus. Un danger réel était là, obligeant Philippe Gilbert en personne à réagir et à condamner ses chances. On vit aussi un Sagan annoncé favori baisser la tête. On vit un Moreno parfaitement rodé par les conseils de son leader Joaquim Rodriguez s’imposer avec une facilité réjouissante. On vit Dan Martin déjà pointer le bout de son nez avant sa victoire dominicale, sur Liège-Bastogne-Liège. Pour toutes ces émotions réunies en un simple kilomètre, le Mur de Huy mérite d’être évoqué dans les moments forts de l’année.

Galère de l’année : Milan-San Remo (et les courses italiennes en général)

A croire qu’en 2013 une malédiction s’abattit sur les grandes courses italiennes. Tirreno-Adriatico fut exceptionnellement pluvieux. San Remo dut affronter la neige. Le Giro également, bâclant la plupart de ses étapes de montagne. En fin de saison le championnat du monde s’annonçait sans accroche après une semaine radieuse. Les Dieux du ciel ne l’entendirent pas de cette oreille et firent déferler d’incessants orages sur les coureurs. Pour être médisant, on pourrait remarquer que toutes ces courses ont vu leurs droits de diffusion rachetés par beIN Sport. Coïncidence ?

A choisir dans cette déferlante de météo catastrophe, nous avons pris Milan-San Remo. D’abord parce que même par beau temps cette course est une galère. Mais c’est celle où le froid, la neige a pris ses plus belles assises, poussant nombre de coureurs à l’abandon, surtout obligeant les organisateurs à stopper la course en plein milieu pour escamoter une partie du parcours, les coureurs frigorifiés se réfugiant alors dans les véhicules. Parce que, même dans le cyclisme moderne, le climat reste l’ennemi majeur.

Bordel de l’année : Porto-Vecchio – Bastia (Tour, 1ère étape)

L’image du bus Orica Green-Edge restera une image forte de la saison 2013, pour la simple raison qu’elle est la superbe démonstration de l’impossibilité de l’organisation parfaite ; même une course aussi coûteuse, encadrée, médiatisée que le Tour est sensible à l’imprévu. La détresse visible du chauffeur après son incroyable erreur, l’effarement de l’organisation, les décisions improvisées des commissaires de course, l’incompréhension des coureurs alertés par les oreillettes, les chutes issues des remous du peloton, le groupe ridiculement réduit se présentant sur la ligne demeurent une magnifique démonstration de la théorie du chaos.

Vidéo : sprint des Champs-Elysées

Photo : AFP

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